Installations in situ

VENISE, LE NÉNUPHAR BLANC

Parallèlement à la biennale d’art contemporain de Venise en 2009, j’ai été invitée par la galerie Artlife à créer une œuvre aquatique dans l’île de Sant’ Erasmo. Le poème Le nénuphar blanc de Mallarmé s’était imposé. Ce fut l’installation d’un chemin flottant composé de disques inscrits dans des anneaux mobiles aux bords surélevés afin de former des réceptacles de lumière. L’ouvrage en pierre du site contribuait à recouvrer le sens spatial de l’eau dormante, permettant le passage d’un état inerte à un état d’éveil.

FLIMS, SUISSE, LES SAIGNÉES

Intervenir dans la nature et la déranger m’a toujours semblé être une forme d’usurpation. Quoiqu’on en dise, déplacer une pierre, piétiner un chemin peut ne pas être un acte anodin. Dans le cas du chemin rouge créé en montagne, dès les premières empreintes de mes pas dans la neige, je m’en voulais d’avoir perturbé l’harmonie silencieuse du lieu. La neige lumineuse et légère était d’une telle sensualité qu’en arrivant au sommet, m’y mettre toute nue devint naturel. Pour éviter d’être vue, je m’étais accroupie. Les voix s’éloignant, je regardais le chemin rouge derrière moi, j’eus l’étrange sensation que mon sang coulait sur la neige.

SUMMER LAKE, OREGON, USA. CONSTELLATIONS ET FANTÔME D’UN GESTE

La nudité et le silence du désert étaient absolus. Aucune âme qui vive sauf les huit artistes invités à la fondation Playa. Les plaques feuilletées de terre mêlée de sel craquaient sous les pas. L’installation de vessies de bœuf gonflées et tendues de souffle, devenaient des formes et des volumes lumineux dans l’espace du désert. L’élasticité de leur peau, leur couleur ivoire contrastait merveilleusement avec la surface sombre de terre craquelée. Selon la qualité du vent, les vessies dodelinaient, hésitaient, roulaient ou bondissaient comme de petits animaux domestiques, et le hasard aidant, insinuaient des figures de constellations.

PARIS 14E ARRONDISSEMENT, PLACE FLORA TRISTAN

J’ai proposé dans cet espace public une fiction où Flora Tristan revient et visite la place qui lui est dédiée. Une installation inspirée de son opuscule Idée  (1er juin 1843) dont elle affirmait avec passion, être puisée de l’inspiration intérieure de son être. Le sens du message de Flora Tristan est l’auto-émancipation du prolétariat.

L’intention était de rendre hommage à Flora Tristan, celle qui fut la pionnière de la reconnaissance possible de la diversité culturelle dans l’unité humaine. La mémoire de son journal intime se mêla au rythme de la vie quotidienne des cafés de la place : « Oh oui ! Je sens en moi un monde nouveau et je donnerai ce nouveau monde à l’ancien monde qui croule et périt. »